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Escroqueries – De la difficulté de mesurer le phénomène

Écrit par HASSID Olivier

7 novembre 2014

L’ampleur des escroqueries est complexe à mesurer sur le plan statistique car ces «utilisations détournées» sont parfois difficiles à détecter en l’absence de connaissances avancées en sécurité informatique.

Les faits constatés sont enregistrés à l’aide d’une nomenclature de 103 index et, à ce jour, aucun index de l’état 4001 ne permet une mesure directe des phénomènes liés à la cybercriminalité. Les données présentées au sein de ce paragraphe ne sont pas extraites de l’état 4001 mais des systèmes d’information opérationnels des services de police et unités de gendarmerie. Pour cette année, le déploiement en cours du nouveau système d’information de la Police nationale a nécessité, pour des raisons de continuité statistique, de restreindre la période d’étude aux années 2012 et 2013. Pour la gendarmerie, les données sont extraites de la base Pulsar-MIS (Messages d’information statistique).

Certains index regroupent des infractions qui ont pu, en partie, être commises ou facilitées par l’utilisation des NTIC, d’Internet. Par exemple l’index 91, des «escroqueries et abus de confiance» (180587 faits constatés en 2013), recense des escroqueries liées à l’utilisation frauduleuse de numéro de carte bancaire sur Internet, mais également d’autres formes d’escroqueries (fausse qualité, détournement d’objets confiés…).

De plus, les atteintes aux systèmes de traitement automatisé des données (STAD) ne sont pas recensées au sein d’un index particulier de l’état 4001 et sont intégrées à l’index 107 («Autres délits
»). Les statistiques extraites de sources administratives comme l’état 4001, ne représentent ainsi qu’une partie du phénomène, celle qui est portée à la connaissance des administrations compétentes.
En 2013

Atteintes aux systèmes de traitement automatisé des données (STAD).
2.735 atteintes aux STAD ont été recensées par la police et la gendarmerie, essentiellement des accès ou maintiens frauduleux dans un STAD. 27 % de ces atteintes sont des accès avec altération du fonctionnement ou modification/suppression de données. Entre 2012 et 2013, le nombre d’atteintes aux STAD constatées par la police et la gendarmerie augmente (20% soit +462 faits contre 2.731 en 2013).
Un peu moins de 48.000 infractions de délinquance astucieuse commises par le biais d’Internet ont également été enregistrées en 2013. Cette même année, 2905 atteintes à la dignité et à la personnalité commises par Internet sont constatées par la police et la gendarmerie, ainsi que 550 atteintes sexuelles commises par le biais d’Internet.

Escroqueries et infractions économiques et financières.
47.840 faits d’escroqueries et infractions économiques et financières, commises sur ou par le biais d’Internet, ont été constatés par la police et la gendarmerie. Plus de 94% de ces infractions sont des escroqueries et abus de confiance (45181 faits constatés).
2 659 faits de falsifications et usages de cartes de crédit ont également été constatés en 2013.

Le nombre d’escroqueries et abus de confiance commis sur Internet augmente entre 2012 et 2013 : +44,6%, soit 14 753 faits constatés supplémentaires. Cette hausse résulte aussi bien des escroqueries et abus de confiance (+43,4%, soit +13683 faits constatés) que des falsifications et usages de cartes de crédit (+1071 faits constatés entre 2012 et 2013).

Atteintes à la dignité.
2.905 atteintes à la dignité et à la personnalité commises par le biais d’Internet, ou des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), ont été constatées par la police et la
gendarmerie nationales en 2013.
Entre 2012 et 2013, 436 faits supplémentaires ont été enregistrés, ce qui représente une hausse en proportion de +17,7%.515 de ces atteintes concernent les droits de la personne résultant des traitements informatiques, soit 18% de l’ensemble de ces actes. Leur nombre est stable par rapport à 2012 (–13 faits constatés).

Source : ONDRP

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