Le CDSE dans la revue Atout Risk Manager ! đŸ—žïž

Écrit par CĂ©lia Debruyne



22 janvier 2026

Faire face à l’emprise
de la guerre informationnelle

Le colloque annuel du Cercle des directeurs de la sécurité des entreprises (CDSE), organisé le 16 décembre à Issy-les Moulineaux a fait salle comble. PrÚs de 650 participants ont écouté experts et sachants débattre de la « Sécurité
des entreprises : agir dans un monde privĂ© de repĂšres ». Les directeurs sĂ»retĂ© et sĂ©curitĂ© sont condamnĂ©s Ă  composer avec des risques gĂ©opolitiques assortis d’une dĂ©rĂ©gulation massive et d’une guerre informationnelle sans prĂ©cĂ©dent. Tour d’horizon et perspectives.

La sĂ©curitĂ© des entreprises n’a jamais Ă©tĂ© aussi chahutĂ©e en 2025. Pour le prĂ©sident du Cercle des directeurs de la sĂ©curitĂ© des entreprises (CDSE), CĂ©dric Lewandowski, les mutations sont patentes. « Aujourd’hui, les directeurs sĂ©curitĂ© sĂ»retĂ© dans les grandes entreprises, comme dans les PME exportatrices, doivent avoir une connaissance parfaite de l’état du monde et des rapports de force, de leurs alliĂ©s et de leurs adversaires, dĂ©crypte-t-il. Le deuxiĂšme point fondamental est liĂ© Ă  l’histoire de notre Cercle, c’est le partenariat public-privĂ©. Personne ne peut tout faire tout seul face Ă  un environnement gĂ©opolitique aussi considĂ©rable et aussi heurtĂ©. Ni l’État, ni les instances internationales, ni les entreprises. En revanche, ensemble – ce que l’on appelle la coproduction de sĂ©curitĂ© – nous avons une chance de rĂ©ussir. » Autant dire que pour les 128 entreprises membres du CDSE – 48 secteurs Ă©conomiques reprĂ©sentĂ©s – les efforts et les outils Ă  dĂ©ployer sont nombreux. L’avĂšnement du trumpisme aux États-Unis entĂ©rine un changement de paradigme qui bouscule les rĂšgles du commerce international. Alors mĂȘme que la recherche de la stabilitĂ© s’avĂšre nĂ©cessaire. Comment instaurer des bonnes pratiques lorsque l’hybriditĂ© des menaces dĂ©stabilise en permanence les entreprises et les États ?

Impact du Liberation Day

« Il faut faire le dos rond au nom de la recherche d’une stabilitĂ© et s’adapter aux dĂ©cisions des États-Unis qui peuvent dĂ©cider des rĂšgles Ă  appliquer, insiste Thomas Gomart, le directeur de l’Institut français des relations internationales (IFRI). Le Liberation Day annoncĂ© en avril 2025 par Donald Trump s’est traduit dĂšs le mois de juillet par des droits de douane de 15 % pour les produits europĂ©ens exportĂ©s aux États-Unis. « C’est une dĂ©faite intellectuelle et politique de l’Union europĂ©enne qui a repris Ă  son compte le narratif de la remise en cause des rĂšgles de l’Organisation mondiale du commerce. Sans compter que l’on trouve des forces politiques qui se rĂ©clament du trumpisme au sein de l’UE : le meilleur Ă©lĂšve, Viktor Orban, fait des Ă©mules. Il faut s’attendre Ă  avoir des formes d’ingĂ©rences Ă  l’initiative du mouvement MAGA (Make America Great Again) lors de la prĂ©sidentielle en 2027 », reprend Thomas Gomart. D’ailleurs la rĂ©ponse de la Chine Ă  l’UE n’est pas une surprise. « D’une part, elle construit sa domination sur les terres rares et d’autre part, elle contraint elle-aussi les exportations europĂ©ennes ; c’est donc un pays qui rĂ©siste », rĂ©sume le directeur de l’IFRI. La rupture inhĂ©rente Ă  l’administration amĂ©ricaine a dĂ©butĂ© en 2016 mais n’avait pas complĂštement abouti. « Elle rĂ©apparaĂźt en 2025 avec le National Security Strategy (NSS), document de 33 pages publiĂ© en novembre par la Maison-Blanche ; il annonce un changement de prioritĂ©s dĂ©sormais total, dĂ©crypte CĂ©lia Belin, cheffe du Conseil europĂ©en pour les relations internationales. Le continent amĂ©ricain est la prioritĂ© numĂ©ro un : le changement de mĂ©thode signifie nouer des « business deal » avec tous les partenaires possibles y compris la Chine et la Russie. L’Indo-Pacifique est la prioritĂ© numĂ©ro deux, l’Europe arrive en troisiĂšme position seulement. » Fait marquant, ce document prĂ©conise aussi la guerre culturelle en Europe. « Les États-Unis ont l’intention de faire plier les rĂ©gimes politiques en Europe pour faire Ă©merger des États patriotiques, poursuit CĂ©lia Belin. Pendant les quatre premiĂšres annĂ©es de l’administration
Biden, le mouvement MAGA s’est structurĂ© pour engager une rĂ©volution nationaliste et post-libĂ©rale. Le vĂ©ritable ennemi, c’est le libĂ©ralisme Ă©conomique mais aussi politique et sociĂ©tal. » Au-delĂ  du mouvement MAGA, Donald Trump a des intĂ©rĂȘts de court terme : politiques voire, familiaux. « L’administration Trump fonctionne sur le modĂšle du culte de la personnalitĂ© et des factions. La premiĂšre faction est liĂ©e Ă  Steve Witkoff et Jared Kushner, milliardaires et magnats de l’immobilier qui font des ‘deals’ ; la deuxiĂšme faction est structurĂ©e autour de Marco Rubio du dĂ©partement d’État qui recherche pour sa part des opportunitĂ©s gĂ©opolitiques pour les États-Unis, comme rĂ©habiliter la Russie pour avoir un accĂšs sur l’Arctique. La troisiĂšme faction Ă©mane du vice-prĂ©sident J.D. Vance avec l’appui des oligarques de la Tech comme Elon Musk. C’est la faction idĂ©ologique parce qu’elle va Ă  l’encontre du libĂ©ralisme dĂ©mocratique et europĂ©en et s’en prend aux rĂ©gulations europĂ©ennes », dĂ©plore CĂ©lia Belin. En consĂ©quence, le dĂ©financement de la science et la mise sous pression des universitĂ©s est Ă  long terme nĂ©gatif pour l’Union europĂ©enne : « Les annĂ©es prĂ©cieuses de recherche et d’innovation transatlantiques vont ĂȘtre perdues. Le risque mentionnĂ© dans le NSS dĂ©montre que les attaques amĂ©ricaines pour dĂ©truire le parti dĂ©mocrate, la pensĂ©e
libĂ©rale progressiste, le monde de la culture et de la science, sont exportĂ©es en Europe. » Au fond, transformer les EuropĂ©ens Ă  son image, c’est la garantie pour le prĂ©sident des États-Unis de gagner la guerre culturelle.

Europe : le bon choix de priorité ?

Seule certitude, durant la premiĂšre annĂ©e sous administration Trump, les EuropĂ©ens ont fait le choix de gĂ©rer en prioritĂ© le dossier de la sĂ©curitĂ© et de la guerre en Ukraine sans trop vouloir se battre sur le terrain du commerce. Or, les besoins en matiĂšre de rĂ©armement et de renforcement capacitaire sont immĂ©diats. « Il va falloir investir dans les drones au sein de l’UE mais aussi comprendre qu’une plus grande solidaritĂ© entre industriels europĂ©ens s’impose. Les champions nationaux ne suffisent plus, l’heure est Ă  l’émergence des champions europĂ©ens », note CĂ©lia Belin. Autant dire que les recommandations formulĂ©es par Enrico Letta et Mario Draghi sur le marchĂ© intĂ©rieur, la compĂ©titivitĂ© et l’innovation deviennent impĂ©ratives.

Interdépendances géopolitiques

Toute la difficultĂ© tient Ă  une Ă©vidence implacable. « Le risque gĂ©opolitique ne se mesure pas, c’est toute la difficultĂ© », reconnaĂźt Thomas Gomart, le directeur de l’Institut français des relations internationales (IFRI). « Nous avons de vraies menaces hybrides assorties d’une arsenalisation des interdĂ©pendances », estime de son cĂŽtĂ© Pascal Andrei, Seniorvice- prĂ©sident Chief Security Officer (CSO) chez Airbus. Dit autrement, certaines nations et certaines entreprises utilisent les dĂ©pendances mutuelles comme l’énergie, l’eau, les chaĂźnes d’approvisionnement, les matĂ©riaux, comme moyens
de pression entre les pays. L’exemple marquant chez Airbus concerne l’approvisionnement en titane ou palladium, matĂ©riaux de base pour la conception des avions. « On s’approvisionnait en Russie mais les chaĂźnes d’approvisionnement ont changĂ©,
constate Pascal Marei. En parallĂšle, les lois sont devenues des armes, c’est l’emprise des lois qui Ă©tranglent. À l’instar de NIS
2 qui aurait dĂ» booster l’Union europĂ©enne mais qui doit ĂȘtre dĂ©clinĂ©e dans 27 Etats-membres. Enfin, les droits de douane
de l’administration Trump auraient pu mettre Airbus Ă  genoux. Parce que Boeing, rĂ©alise 100 % de sa sous-traitance en Europe, nous avons Ă©tĂ© sauvĂ©s. »

Sujets poil Ă  gratter

Parce que la data est le nouvel « or noir » au sein des organisations, les directeurs sĂ©curitĂ© et sĂ»retĂ© ont une tĂąche incommensurable. « Nous gĂ©rons tous les sujets poil Ă  gratter : les sujets sĂ»retĂ© des biens et des personnes (nos collaborateurs) et l’ensemble des clients. C’est aussi la gestion de crise (la continuitĂ© d’activitĂ©), toute la cybersĂ©curitĂ© et data protection et un autre sujet moins traitĂ© en gĂ©nĂ©ral : toute la supply chain, la gouvernance et la sĂ©curisation de nos tiers fournisseurs », dĂ©taille Annick Rimlinger, directrice sĂ»retĂ©-sĂ©curitĂ©, cyber & data protection chez AĂ©ma groupe, holding mutualiste. Les sujets sĂ»retĂ© et sĂ©curitĂ© sont traitĂ©s avec l’ensemble de nos marques (Macif, AĂ©sio Mutuelle, Abeille Assurance, OFI Invest). En 2025, nous constatons une forme d’industrialisation du mensonge et une hybridation des attaques.
Par exemple, nous avons Ă©tĂ© victimes d’une fraude aux faux produits financiers de la part de personnes malveillantes qui font
paraĂźtre des encarts publicitaires dans la presse promettant des rendements financiers intĂ©ressants et suggĂ©rant aux lecteurs de laisser leurs coordonnĂ©es pour ĂȘtre rappelĂ©s. La plus grande menace est toutefois l’ensemble des risques liĂ©s Ă  la supply chain. Si la chaĂźne d’approvisionnement des tiers fournisseurs n’applique pas un certain nombre de standards sĂ©curisĂ©s, les
failles sont bĂ©antes. À l’évidence, toutes les surfaces d’attaque se multiplient parce que la sociĂ©tĂ© se numĂ©rise. « Nous assistons Ă  une vĂ©ritable transformation numĂ©rique de la dĂ©linquance, conclut Johanna Brousse, vice-procureur, cheffe de la section de lutte contre la cybercriminalitĂ© au ministĂšre de la Justice. C’est la raison pour laquelle il faut faire tomber les silos dans les entreprises et porter plainte immĂ©diatement. ». MathĂ©matiquement, la sĂ©curitĂ© absolue n’existe pas, mĂȘme
ans les organismes les plus protĂ©gĂ©s. Pour preuve, des cybercriminels se sont introduits dans les systĂšmes de police du ministĂšre de l’IntĂ©rieur et ont eu accĂšs Ă  des informations concernant 16 millions de Français et ont pu consulter un volume trĂšs important de fichiers du traitement d’antĂ©cĂ©dents judiciaires et des personnes recherchĂ©es. Dans la nuit du 11
et 12 dĂ©cembre 2025, une dizaine de fichiers ont Ă©tĂ© extraits. Ces donnĂ©es risquent de se vendre sur le darknet avec un potentiel d’utilisation malveillante sans limite. « Une attaque informationnelle est un acte de guerre », confirme Hugo
Micheron, chercheur Ă  Science-Po et prĂ©sident d’Arlequin AI. Dont acte.

CYBERATTAQUE CHEZ HARVEST
C’est un retour d’expĂ©rience qui a eu un effet sidĂ©rant pour Virginie Fauvel, pdg d’Harvest, Ă©diteur de logiciels dĂ©diĂ©s aux mĂ©tiers du patrimoine et de la finance. Incontournable, l’éditeur revendique 4 600 clients (banques, assurances, fonds d’investissement, family offices). Les faits : dans la nuit du 26 au 27 fĂ©vrier 2025, des cybercriminels ont exploitĂ© une faille dans le systĂšme d’information de l’un des hĂ©bergeurs du groupe Harvest. Les assaillants sont alors parvenus Ă  pĂ©nĂ©trer dans un serveur de l’un des fournisseurs de l’entreprise et cette intrusion a permis de bloquer des logiciels (sans pouvoir
accĂ©der Ă  leurs donnĂ©es) en Ă©change d’une demande de rançon. En parallĂšle du serveur, les cybercriminels ont attaquĂ© Harvest directement. Quelques jours aprĂšs la premiĂšre attaque, une intrusion dans des boĂźtes mails de collaborateurs (un data center et deux serveurs concernĂ©s) a Ă©galement Ă©tĂ© dĂ©tectĂ©e. C’est sur ces deux serveurs qu’Ă©taient hĂ©bergĂ©es les messageries. Les cybercriminels sont parvenus Ă  voler des fichiers de travail contenant des donnĂ©es de clients des
assureurs, des banques et des conseillers en gestion de patrimoine. « Nous n’avons pas payĂ© la rançon. Il faut toujours bien se prĂ©parer Ă  une attaque cyber car elle implique une sĂ©rie de sujets RH qu’il faut gĂ©rer avec l’ensemble des collaborateurs. La rĂšgle passe avant tout par la mise en place de mots de passe robustes pour dĂ©jouer les hackers », insiste Virginie Fauvel,
qui copréside par ailleurs la commission Numérique et innovation du Medef.

VIGINUM, VIGIE DES INGÉRENCES NUMÉRIQUES ÉTRANGÈRES
L’État français a créé en 2021, au sein du SecrĂ©tariat gĂ©nĂ©ral de la dĂ©fense et de la sĂ©curitĂ© nationale (SGDSN), une structure baptisĂ©e VIGINUM (Service de vigilance et de protection contre les ingĂ©rences numĂ©riques Ă©trangĂšres). Depuis lors, les menaces de dĂ©stabilisation en ligne n’ont cessĂ© de croĂźtre Ă  la faveur d’un contexte international dĂ©gradĂ©. En Ukraine, Roumanie, Moldavie, États baltes, Allemagne, Australie, Canada, pays africains ou de l’Asie du Sud-Est mais aussi en France. Nombreux sont les pays victimes de tentatives de manipulation de l’information.nLe guide commun VIGINUM-CDSE a pour objectif d’alerter les chefs d’entreprise, entrepreneurs et investisseurs : la menace de manipulation n’est pas un sujet destinĂ© uniquement aux États ou lors d’échĂ©ances Ă©lectorales. Les entreprises françaises font l’objet de manoeuvres de dĂ©stabilisation car elles reprĂ©sentent la France et son modĂšle Ă©conomique. « Tout le monde Ă©conomique n’est pas encore sensibilisĂ© Ă  la menace informationnelle. Le changement de paradigme, c’est un dĂ©fi de culture pour les entreprises », rĂ©sume Marc-Antoine Brillant, chef de VIGINUM.

3 QUESTIONS À CÉDRIC LEWANDOWSKI, PRÉSIDENT DU CERCLE DES DIRECTIONS DE LA SÉCURITÉ DES ENTREPRISES (CDSE)

Atout Risk Manager : « Sécurité des entreprises : agir dans un monde privé de repÚres », pourquoi avez-vous choisi ce thÚme pour le colloque du CDSE ?
Deux Ă©lĂ©ments me paraissent essentiels dans ce que le Cercle reprĂ©sente. La premiĂšre notion, c’est la prise en compte des risques gĂ©opolitiques. Historiquement, la question de la sĂ©curitĂ© a Ă©tĂ© d’abord rĂ©sumĂ©e Ă  la question du gardiennage. Elle a beaucoup Ă©voluĂ© en trente ans. Aujourd’hui, la rĂ©alitĂ© est que les directeurs sĂ©curitĂ©-sĂ»retĂ© dans les grandes entreprises, comme dans les PME exportatrices, doivent avoir une connaissance parfaite de l’état du monde et des rapports de force, de leurs alliĂ©s et de leurs adversaires.

Le colloque a voulu tĂ©moigner de ce chamboule-tout gĂ©nĂ©ral. La recherche de paroles de sachants et experts qui viennent orienter, prioriser, est absolument essentielle. Le deuxiĂšme point fondamental est liĂ© Ă  l’histoire de notre Cercle : le partenariat public-privĂ©. Personne ne peut tout faire tout seul face Ă  un environnement gĂ©opolitique aussi considĂ©rable et aussi heurtĂ©. Ni l’État, ni les instances internationales, ni les entreprises. En revanche, ensemble – ce que l’on appelle la coproduction de sĂ©curitĂ© – nous avons une chance de rĂ©ussir. Notre cercle a vocation Ă  crĂ©er ce lien, cette confraternitĂ© permanente au service de la sĂ©curitĂ© des entreprises et de l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.


Comment mieux accompagner les entreprises face Ă  la guerre informationnelle ?
Cette guerre n’est pas nouvelle. Depuis que le monde est monde, l’idĂ©e de dĂ©nigrer un adversaire, un ennemi, existe.

Certains rĂ©cits de l’AntiquitĂ© le rappellent d’ailleurs. L’élĂ©ment nouveau aujourd’hui, c’est son caractĂšre diffus, liĂ© aux rĂ©seaux sociaux, et l’extraordinaire rapiditĂ© de la circulation de l’information due Ă  des logiciels bien conçus, lesquels viennent obscurcir l’esprit collectif et envoyer des images terribles pour les entreprises et les individus. L’intelligence artificielle donne une ampleur complĂ©mentaire Ă  cette dimension.

C’est un des sujets sur lequel la coproduction de sĂ©curitĂ© est fondamentale. L’État, au sein du SecrĂ©tariat gĂ©nĂ©ral de la dĂ©fense et de la sĂ©curitĂ© nationale, a mis en place une structure originale et efficace, VIGINUM (pour Service de vigilance et de protection contre les ingĂ©rences numĂ©riques Ă©trangĂšres). Marc-Antoine Brillant, le chef de ce service, participait Ă  la table ronde intitulĂ©e « Les entreprises face Ă  la guerre informationnelle ». La dĂ©marche est intĂ©ressante car elle veut rĂ©pondre de maniĂšre spĂ©cialisĂ©e Ă  cette menace nouvelle.

Du cĂŽtĂ© du CDSE, nous essayons de mettre Ă  la disposition de l’ensemble de nos membres les moyens de mieux repĂ©rer, et mieux caractĂ©riser la guerre informationnelle qui peut ĂȘtre menĂ©e par des États, des individus ou des entreprises. Nous venons d’ailleurs de publier un guide commun avec VIGINUM, « Guide de sensibilisation Ă  la menace informationnelle Ă  destination des acteurs Ă©conomiques français ». C’est une premiĂšre Ă©tape pour donner de premiers outils face un phĂ©nomĂšne qui est nouveau et pour lequel il va falloir monter en puissance collectivement.


En 2026, vous souhaitez ouvrir davantage le CDSE à la question territoriale. Quelle sera votre méthodologie ?
La question territoriale est revenue rĂ©guliĂšrement dans l’histoire du CDSE, mais elle est complexe Ă  mettre en Ɠuvre.

Au fond, nous étions un cercle trÚs parisien, parce que les directeurs de la sécurité travaillent au sein de siÚges sociaux qui
sont implantĂ©s en rĂ©gion francilienne. Il se trouve que nous comptons aujourd’hui de grandes entreprises comme CMA-CGM dont le siĂšge est Ă  Marseille. Le directeur de la sĂ©curitĂ© de CMA-CGM, Franck Chaix, nous a sollicitĂ©s pour savoir s’il Ă©tait envisageable de tenter une opĂ©ration de dĂ©centralisation. J’ai trouvĂ© l’idĂ©e intĂ©ressante. Nous l’expĂ©rimentons, nous verrons
ce que cela donne. Est-ce qu’elle donnera envie Ă  des directeurs sĂ©curitĂ©-sĂ»retĂ© dans les territoires de se saisir du sujet ?


Nous tiendrons la premiĂšre rĂ©union territoriale du CDSE Ă  Marseille au premier semestre 2026, en prĂ©sence des pouvoirs publics territoriaux, des directeurs sĂ©curitĂ©-sĂ»retĂ© des entreprises et nous l’ouvrirons aux PME et ETI locales et Ă  tous ceux que cela pourrait intĂ©resser. Je pense notamment au milieu universitaire et Ă  Aix-Marseille-UniversitĂ©.


Propos recueillis par Louis Guarino

Retrouvez la revue complÚte en cliquant ICI (réservée aux abonnés)

Ces articles pourraient vous intéresser

Commissions et groupes de travail

Les commissions et groupes de travail du CDSE, ouverts Ă  tous les membres, sont le cƓur de la rĂ©flexion du Club sur l’ensemble des problĂ©matiques qui impactent la sĂ©curitĂ©-sĂ»retĂ© des entreprises.

Le réseau CDSE

Le CDSE a Ă©tendu son rĂ©seau auprĂšs d’acteurs privĂ©s, publics et acadĂ©miques qui participent Ă  ses travaux. Il reprĂ©sente en outre les « donneurs d’ordre » et les « utilisateurs » au sein de diffĂ©rentes instances.

Les statuts

Le CDSE est une association loi 1901 Ă  but non lucratif créée en 1995. Retrouvez la derniĂšre version des statuts du CDSE adoptĂ©e par l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale extraordinaire du 15 septembre 2020.

Le rÚglement intérieur

Le CDSE s’est dotĂ© d’un rĂšglement intĂ©rieur adoptĂ© par l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale extraordinaire du 20 septembre 2017 rĂ©gissant diffĂ©rents points notamment en matiĂšre d’éthique et de dĂ©ontologie.