1. Accueil
  2. Infos sécurité
  3. Archives infos sécurité
  4. L’entretien : Frédéric SINGER

L’entretien : Frédéric SINGER

Écrit par admin1973

15 juin 2009

Le nombre de séquestrations a-t-il augmenté au cours de ces derniers mois ? Comment expliquer ce phénomène ?


Bien qu’il n’y ait pas de chiffres officiels et que les plaintes déposées restent exceptionnelles, il est certain en revanche qu’il y a eu davantage de médiatisation de ce phénomène ces derniers mois. En parallèle, on note une évolution des mobilisations sociales depuis une dizaine d’années avec une diminution des grèves et de plus en plus d’autres formes de manifestation (grèves non déclarées ou perlées, augmentation de l’absentéisme, sabotage, etc.). En ce qui concerne Groupe Synergie Globale, nous notons une augmentation de 30 % du CA directement liée à cette activité.

Le contexte économique actuel de crise sans précédent depuis des décennies ainsi que les différentes échéances électorales sont également à prendre en compte: En France, les séquestrations de patrons sont aussi un moyen de rappeler à l’étatson rôle de médiateur économique. D’une manière ou d’une autre, elles obligent les pouvoirs publics à intervenir.

Le dialogue social est peu développé en France. Le peu d’anticipation et la piètre qualité du management dans un certain nombre d’entreprises focalisées sur les tâches se font aux dépends du facteur humain. Dans un contexte économique marqué par les changements incessants, la complexité et l’incertitude, il est plus que jamais fondamental de revenir à des fondamentaux simples et de travailler la qualité des relations humaines. Les fonctions parfois considérées comme « non productives » (sûreté-sécurité, ressources humaines, communication) ont un rôle essentiel à jouer. En attendant, la séquestration s’avère pour le moment une solution qui fonctionne…

Comment les entreprises et plus particulièrement les directions sécurité peuvent-elles faire face à ce phénomène?

Il faut, dans un premier temps, considérer le « risque social » comme un risque à part entière, qui doit faire l’objet d’un travail de prévention par les managers de la sécurité, au même titre que les autres risques.

Le manager de la sécurité, doit aussi se rapprocher des directions internes concernées par ce type de risque (DRH, direction juridique, direction de la communication, direction générale) et travailler à un plan d’action commun, plus à même de convaincre les dirigeants que des actions éparpillées.

A court terme, il faut se préparer à la séquestration, prendre conseil à l’extérieur, prendre toutes les dispositions en matière de sûreté-sécurité. Lorsqu’il n’est plus possible de se rendre sur le site, le responsable d’établissement doit impérativement le signaler car il demeure responsable.

Comment les parties prenantes doivent-elles s’organiser ?

L’union fait la force. Dans l’entreprise, chacun a tendance à considérer la crise de son point de vue. Or l’approche de ces situations est nécessairement multidimensionnelle (juridique, managériale, sûreté-sécurité, pédagogique, etc.). Notre approche globale est tout particulièrement adaptée à ce type de problématique: de l’audit, conseil et ingénierie à la formation, en passant par la prévention des risques, la gestion de crise et la veille. En cas de crise sociale, tous ces moyens doivent être mis en œuvre de façon coordonnée dans une véritable gestion de projet faisant écho à celle qui devrait se mettre en place au sein de l’entreprise concernée par la crise.

Ces phénomènes de séquestrations vont-ils, se maintenir, se tasser, ou au contraire empirer dans l’année à venir ?

Ces phénomènes ne datent pas d’aujourd’hui et ils se reproduiront vraisemblablement à l’avenir. Ceci étant, la multiplication des séquestrations et la surenchère médiatique augmentent le risque de débordement. On ne peut exclure en effet un accident grave. L’expérience nous montre en effet que dans les entreprises insuffisamment préparées, la sûreté et la sécurité ne sont plus assurées convenablement durant les périodes de conflits du travail et de séquestration. Il est facile d’imaginer les risques d’une telle baisse de la vigilance sur un site classé « Seveso 2 » de type AZF.

Ces articles pourraient vous intéresser

La sécurité au sein du groupe AIR France est souvent citée en exemple....

Renault semble s’internationaliser très rapidement ces dernières années. Quels sont les impacts en...

Vous êtes en charge de la Sûreté et de l’Intelligence Economique de la...

Commissions et groupes de travail

Les commissions et groupes de travail du CDSE, ouverts à tous les membres, sont le cœur de la réflexion du Club sur l’ensemble des problématiques qui impactent la sécurité-sûreté des entreprises.

Le réseau CDSE

Le CDSE a étendu son réseau auprès d’acteurs privés, publics et académiques qui participent à ses travaux. Il représente en outre les « donneurs d’ordre » et les « utilisateurs » au sein de différentes instances.

Les statuts

Le CDSE est une association loi 1901 à but non lucratif créée en 1995. Retrouvez la dernière version des statuts du CDSE adoptée par l’Assemblée générale extraordinaire du 15 septembre 2020.

Le règlement intérieur

Le CDSE s’est doté d’un règlement intérieur adopté par l’Assemblée générale extraordinaire du 20 septembre 2017 régissant différents points notamment en matière d’éthique et de déontologie.