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Colloque du CDSE 2022 : discours d’ouverture de Stéphane Volant

Écrit par Marc-Antoine Bindler

11 janvier 2023

Le colloque du CDSE – « L’Entreprise à l’ère de la multi-crise » se tenait le jeudi 15 décembre 2022 au Palais des Arts et des Congrès d’Issy. Retrouvez le discours d’ouverture de Stéphane Volant, président du CDSE.

>> Retrouvez le discours de Stéphane Volant en vidéo :

« Mes chers amis,

C’est toujours avec un peu d’émotion que je regarde le film conçu l’an dernier à l’occasion des 25 ans du CDSE.

D’abord parce que j’y retrouve les figures marquantes de notre Club qui sont en quelque sorte les pionniers des Directeurs de la sécurité des entreprises et de l’écosystème dans lequel nous œuvrons toutes et tous au service de notre pays et de son économie.

Mais aussi parce que j’y croise mon Ami, l’immense François Roussely, qui fut notre président-fondateur, et encore mon vieux copain Alain Juillet qui fut mon prédécesseur et soutient toujours avec une attentive bienveillance les activités du CDSE.

Et puis, enfin, peut-être devrais-je même dire surtout, car si ces 25 dernières années montrent l’étendue du chemin parcouru, elles m’obligent. Elles nous obligent. Car encore aujourd’hui et peut-être même plus que jamais, le métier de directeur de la sécurité des entreprises est un acteur indispensable, au cœur de l’élaboration de toutes les stratégies économiques. Et, pour cela, chacune et chacun d’entre vous qui êtes présents aujourd’hui pour ce 26è colloque annuel du CDSE et qui prenez une part active à la sécurité globale, ensemble, nous devons nous montrer dignes de nos grands anciens et des enjeux qui se présentent devant nous.

Et, ce qui arrive, ce sont des crises.

Multiples. Polymorphes. Insidieuses et coûteuses. Dangereuses et brutales. Cyber et numériques. Humaines et financières. Localo-locales, françaises, européennes ou mondiales, économiques et sociales. Réputationnelles quand la vérité n’a plus d’importance, ou militaires quand le sang coule et que les familles se dispersent et ont froid.

Et, nous sommes là, tous ensemble, pour les anticiper, les prévenir (« ne pas prévoir, c’est déjà gémir » disait le grand Léonard de Vinci), les combattre et en minimiser les impacts. Notre métier est ainsi, certes, de prévoir l’imprévisible et de penser l’impensable, car notre unité d’action est bien l’interrogation permanente… Mais aussi de générer de la confiance sans laquelle l’optimisme deviendra bientôt une discipline olympique. C’est là notre raison d’être, et plus qu’une raison d’être, là est notre mission. Cette mission, c’est celle des directeurs de sécurité des entreprises bien sûr, mais aussi celle de toutes celles et ceux qui œuvrent, comme vous, à leurs côtés au sein d’un continuum de sécurité qui regroupe tout à la fois, les armées, la police et la gendarmerie nationales, mais aussi les polices municipales et les entreprises.

Mais aussi, et c’est l’un des enseignements majeurs de la crise ukrainienne : chaque citoyen qui, en arme ou non, doit jouer un rôle dans la défense de son pays.

C’est justement en tenant compte de ces crises qu’avec mes amis administrateurs du CDSE, Anne Girond sa directrice générale, Marc-Antoine Bindler son secrétaire général, et leur petite équipe dont Naïma et Florent sont les précieuses chevilles ouvrières, nous avons bâti le programme de cette journée dont vous verrez « qu’il embrasse large ».

De mon Ami Guillaume Pepy, que j’accueillerai dans un instant, en passant par le Général Thierry Burkhard, chef d’état-major de nos armées, Guillaume Poupard le patron de l’ANSSI qui ne s’exprimera plus ensuite sur sa maison pour ne parler que de Docaposte qu’il aura rejoint, mais aussi le préfet de police de Paris Laurent Nuñez, Cédric Lewandoski, le patron du nucléaire d’EDF et plein, plein d’autres, ici ou à distance, parmi lesquels une poignée de directeurs et directrice sécurité-sûreté membres du CDSE.

Vous allez donc vous régaler !

Et je fais le pari que vous serez un peu plus intelligents ce soir que vous ne l’êtes déjà, immensément, ce matin ! Et particulièrement si vous restez jusqu’à la fin de ce colloque et écoutez son « Invité spécial ». Je le connais, suis l’un des rares à être dans le secret et peux donc vous faire une promesse : il sera PA-SSIO-NANT !

Par ailleurs, et même si nous abordons avec un certain enthousiasme l’année 2023 dont on mesure tous qu’elle sera probablement difficile… Je ne sais pas pour vous, mais moi, depuis quelques mois, je ne sais pas si c’est parce que je suis inquiet de l’évolution du monde et de certains tâtonnements pour la maîtriser, mais je suis de plus en plus impatient… ou ronchon !

Ronchon, car certains nous prédisaient une crise en V avec une reprise aussi forte que la chute initiale. D’autres en U, avec un redressement qui interviendrait après la période de récession. Alors que nous vivons plutôt une crise en L dont on ne voit pas clairement le redressement, mais dont on mesure en revanche le cauchemar de la dépression qui pourrait jeter des déclassés sur les routes et nourrir la rancœur des autres.

Et, aujourd’hui encore, je ne vais donc pas me forcer à être aimable et béat, uniquement parce que je suis à cette tribune !

Alors, en vrac, je vais vous dire ce qui ne me va pas ou qui me rend impatient, car les entreprises ne se payent pas de mots. Mais aussi ce qui me rend confiant, car je connais certains très grands serviteurs de l’Etat et leur absolu respect de la parole donnée…

Commençons par les promesses du ministre de l’Intérieur faites ici-même l’an dernier de créer une Direction du continuum au sein du ministère et d’officialiser la création d’un « cercle de confiance » au sein duquel la quatrième force de son ministère, celle que représentent les directeurs de sécurité des entreprises et leurs partenaires, aurait toute sa place. J’attends ! Et je m’impatiente, car j’ai la conviction que pour faire évoluer tout système, il faut effectivement mettre une bonne dose de coopérations entre les systèmes. C’est ça le continuum « pour de vrai » et l’impérieux « cercle de confiance ».

J’attends aussi que derrière l’augmentation du coût horaire des agents de sécurité privée (il était temps !), on décide bientôt de leur donner un signe distinctif qui évite la confusion des genres entre eux et les forces régaliennes et les salariés des entreprises donneurs-d’ordres.

J’attends aussi la réforme de la formation des agents de sécurité pour que la qualité ne passe pas derrière la quantité, notamment dans la perspective des Jeux olympiques dont je commence à croire qu’il faudra bien imaginer le Plan B, car la sécurité privée et le CNAPS ne pourront pas tout !

J’attends également l’instauration de la garantie financière pour les entreprises de sécurité privée. Le ministre s’y est enfin déclaré favorable, et suis donc impatient de voir son inscription dans une loi à venir…

Et comme le ministre de l’Intérieur s’est beaucoup consacré avec la loi sur la Sécurité globale et la LOPMI à réformer et donner de nouveaux moyens aux trois premières forces de son ministère (police et gendarmerie nationale, mais aussi polices municipales), je forme des vœux sincères et pressants pour qu’il consacre une énergie comparable à la quatrième force de son ministère qui, excusez-moi du peu, investit chaque année plus de 100 milliards en prestations et équipements de sécurité et pèse pour 70% des commandes d’agents de sécurité privée.

Alors, dans ce domaine comme dans d’autres, comme il n’y a pas d’amour sans preuve d’amour, j’attends de l’amour du ministre de l’Intérieur ! Je souhaite une plus grande proximité entre les entreprises et le ministère de l’Intérieur. Une très grande proximité !

Et je suis confiant, car je connais bien Gérald Darmanin. Il me disait même hier soir ses regrets de ne pouvoir être des nôtres.

Je connais donc bien Gérald Darmanin et lui suis même reconnaissant d’être déjà très à l’écoute des acteurs de la sécurité privée et particulièrement des entreprises de sécurité privée. Je sais donc qu’il est méthodique, pragmatique et qu’il sait la valeur de la parole donnée. Mais je suis impatient, comme le serait n’importe quel ami en attente de la réalisation de promesses annoncées ! Et comme la police est bien faite, je suis certain que mes propos tout à la fois d’Amitié, de confiance et d’impatience lui seront rapportés. D’Amitié, de confiance et d’impatience !

Quant au CNAPS, quelle belle maison et que son nouveau préfet-directeur, le préfet David Clavière qui nous rejoindra cet après-midi, y soit le bienvenu !

Il a trouvé une maison « en ordre » mais dont les moyens devront être renforcés de façon pérenne pour répondre aux enjeux des JO, mais aussi absorber l’extension de leurs prérogatives aux agents de sécurité incendie qui pourraient entrer au Livre VI du code de la Sécurité intérieure, mais également endosser enfin la mission de « conseil » dévolu au CNAPS dans ses statuts. J’attends, mais là encore, je suis confiant !

Dans l’écosystème de la sécurité privée ou de la sécurité économique, le ministère de l’Intérieur n’est pas seul à la manœuvre.

Celui de l’Economie tient aussi une place importante. Et ce n’est pas en faisant des sauts de cabri en citant le mot de souveraineté à toutes les phases comme il est désormais chic d’être tout à la fois, « inclusif », « résiliant », « agile », « congruent » et « iconique » que l’on fera concrètement avancer le sujet.

Pour l’heure, la souveraineté est parfois un couteau sans manche auquel il manque une lame, car je vois que même nos grands hérauts nationaux ont fait des « alliances stratégiques » avec les GAFAM, faute de disposer des technologies nécessaires pour développer des solutions intégralement souveraines. Alors, oui, souveraines elles le sont peut-être quand même, pour le moment.

Les patrons du SISSE et de l’ANSSI nous le confirmeront certainement tout à l’heure. Mais qu’adviendra-t-il si ces mêmes GAFAM refusaient bientôt de nous livrer les mises à jour de leurs solutions ? Comme le disait Philippe Seguin, « on est souverain ou on ne l’est pas, mais on ne l’est jamais à demi. La souveraineté est, par essence, un absolu qui exclut toute idée de subordination et de compromission ». Et il avait raison car, définitivement, la souveraineté, la vraie, est là pour protéger notre prospérité !

Sur ce sujet aussi il serait bon d’écouter les entreprises, car le client, comme le citoyen, finit toujours par s’imposer. Or, pour l’heure, ces mêmes clients dont la plupart adhèrent au CDSE, ont majoritairement recours à des solutions 100% GAFAM. Alors, si fin 2023 c’est toujours le cas, nous aurons dépensé quelques milliards du plan de relance pour rien.

Avouez qu’il y a de quoi être impatient… et même ronchon !

Heureusement, comme je le disais déjà l’an dernier, la République reste chez elle en France grâce à des maîtres d’école comme Samuel Paty, à des policiers comme le Brigadier-Chef Jugelé, des gendarmes comme mon camarade Dolo le Colonel Arnaud Beltrame, des soldats héros trop nombreux pour les citer tous, et des directeurs de la sécurité qui veillent, dans une moindre mesure naturellement et à leur place, dans l’ombre, à la sécurité et à la sérénité collective. Je dis bien « dans l’ombre », car on ne porte jamais au crédit des directeurs de la sécurité et de leurs collaborateurs et partenaires que le pire a pu être évité.

Mais la bonne nouvelle, c’est aussi que le CDSE et ses partenaires sont là pour rappeler aux uns leurs promesses et aux autres l’urgence du calendrier… C’est pourquoi le CDSE, avec les 100 milliards investis chaque année par ses adhérents dans la sécurité, ne sera jamais le « parent pauvre » du continuum de sécurité, pas plus qu’il n’envisage d’être le « maillon faible » de la chaine de sécurité globale.

Pour le reste, tout va bien. La truffe est fraiche et les urines sont claires !

Le CDSE et ses 14 commissions moulinent, proposent et mettent en œuvre des solutions pragmatiques et efficaces, à l’image de celles qui figurent dans son Livre Blanc paru cette année.

Le GES et la FFSP s’aiment d’un amour sans nuage ! Cybermalvaillance.fr vient de fêter ses 5 ans et à malheureusement encore de belles années devant elle ! Le MEDEF, l’IHEDN, l’IHEMI, l’EOGN, l’ENSP, le CNAM, l’université Paris-Dauphine, le Campus des métiers d’Argenteuil et la future Fondation des Métiers de la Sécurité, le CNPP, le SGDSN, l’ANSSI, la DGPN, la DGGN, la DCIS, la CNSJ, la DIJOP, le CDCS, le SISSE, la DGE, le SG-CIPDR, la DLPAJ, la DPSIS et la DGSI se reconnaitront et nous sommes fiers, au CDSE, d’œuvrer avec eux au sein du continuum.

Vous l’aurez compris, au CDSE, avec ses partenaires et ses soutiens que vous représentez toutes et tous ici, nous sommes lucides, à la poignée de l’éventail de tous les combats, et à l’écoute. Un peu comme des canaris dans la mine !

Exigeant des réponses rapides et concrètes plutôt que des promesses sans lendemain d’un Etat plus stratège que bavard, et un pacte de vérité et de solidarité avec vous toutes et tous qui êtes les acteurs engagés de la sécurité globale.

Alors, si vous nous avez aimés en 2022, vous allez nous adorer en 2023 ! »

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Les commissions et groupes de travail du CDSE, ouverts à tous les membres, sont le cœur de la réflexion du Club sur l’ensemble des problématiques qui impactent la sécurité-sûreté des entreprises.

Le réseau CDSE

Le CDSE a étendu son réseau auprès d’acteurs privés, publics et académiques qui participent à ses travaux. Il représente en outre les « donneurs d’ordre » et les « utilisateurs » au sein de différentes instances.

Les statuts

Le CDSE est une association loi 1901 à but non lucratif créée en 1995. Retrouvez la dernière version des statuts du CDSE adoptée par l’Assemblée générale extraordinaire du 15 septembre 2020.

Le règlement intérieur

Le CDSE s’est doté d’un règlement intérieur adopté par l’Assemblée générale extraordinaire du 20 septembre 2017 régissant différents points notamment en matière d’éthique et de déontologie.